Prendre un thé chez Djamel

Djamel, difficile de lui donner un âge, quand on lui pose la question, il répond ironiquement qu’il a perdu sa carte d’identité. Ce garçon au parcours périlleux,  d’un peu plus de vingt ans, c’est donné comme vocation de devenir guide touristique.

Il y a quelques années, Il a rencontré  l’association Ouarourout qui la intégré dans ses activités touristiques ; accompagnateur de groupe, puis permanent au Gite ..

Il a, par la suite, investi une maison au sein du vieux ksar. Il l’a réparée, aménagée, décorée, bichonné, la transformant en un lieu culte avec ses dessins muraux insolites, une carte d’Afrique ou d’un pingouin..
Un lieu assurément connu par un certain nombre de touristes venus à Béni abbés.
Mais voilà que la crue de novembre 2014  a emporté la moitié du ksar de Béni-abbés avec la maison de Djamel sur son passage.

Désolation et désastre multiples.

« Je n’ai pas pu l’empêcher (l’oued), si j’avais pu.. » pour ce jeune, le monde s’écroule sous ses pieds en regardant tout ses efforts, ses petits sous, ses bouts de tapie, vaisselles récupérées par-ci par-la, se noyer. Il a donné tout ce qu’il avait et même plus, pour celui qui n’avait rien d’autre que l’espoir et l’envie de faire.

L’expérience de Djamel nous interpelle. Quelle est la prise en compte concrète de petites gens, des exclus, dans les programmes, plans et projets de développement socio économique ?

Djamel n’attend pas, il crée à partir de rien malgré tout. Il a juste  besoin de considération et d’un accompagnement qui lui permettra d’évoluer et de faire de cette initiative une voie réelle d’émancipation.

Aujourd’hui, il nous invite à partager un moment sympathique sur les hauteurs de ksar Ouarourout. Effectivement l’association Ouarourout lui met à disposition une maison rénovée dans le cadre de leur projet. Et Djamel de repartir à l’aventure telle une fourmi ouvrière il reconstitue inlassablement son petit nid…

Alors,  de passage à Béni-Abbes, pensez à prendre un Thé chez Djamel.